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L'aide à l'habillage=L'aide au coucher=incontinence

Troubles de la mémoire
Observation :

La personne atteinte de cette maladie commence par oublier les faits immédiats : oublier ses clés, son porte-monnaie, son journal... ; d'éteindre la cuisinière, de fermer le robinet, de fermer la porte à clé ; l'endroit où elle a laissé sa voiture... Ensuite vient l'oubli des événements récents : des rendez-vous, des coups de téléphone, des visites... Elle pose plusieurs fois la même question, pour en oublier aussitôt la réponse...

Il n'y a pas, dans le cerveau, d'endroit précis pour la mémoire : l'ensemble du cerveau sert à stocker les différents mémoires (auditive, visuelle, tactile, gustative, olfactive, motrice) selon les éléments d'un puzzle.     De ce fait la perte de mémoire est progressive : selon l'endroit où siège la lésion du tissu cérébral. Ceci explique pourquoi un "Alzheimer" est différent d'un autre...

À ce stade, la personne a toujours son « jugement » et prend conscience que son état se dégrade, ce qui entraîne une grande souffrance. Telle personne en devient triste, malheureuse et s'isole ; telle autre s'énerve et est qualifiée "d'infernale" ; pratiquement toutes font un syndrome dépressif.

Imaginons la situation morale de Manuella, portugaise qui est venue en France pour avoir une vie meilleure, qui a travaillé toute sa vie, a élevé plusieurs enfants qui ont tous une situation, était maîtresse de sa maison... La voilà maintenant, à 60 ans, obligée de tout abandonner et d'être sous la protection et la garde de quelqu'un, puis hospitalisée dans un monde inconnu. Il y a de quoi râler... mais comme le langage n'est pas maîtrisé, elle crie sa détresse ou la chante.

Plus tard, le trouble de mémoire est total (amnésie) et perturbe : la vie quotidienne et la vie sociale du malade et de la famille ; les relations affectives : il est impossible pour le malade de se rappeler les noms et l'identité des amis, des collègues du travail.

Enfin les malades oublient l'identité des personnes : les membres de la famille les moins proches ; puis les proches ; et arrive le jour où ils ne connaissent même plus leur propre identité.

Quelques suggestions (MA ou DSTA)

La mémoire ne s'use que si on ne s'en sert pas

  • La non utilisation des fonctions ralenti leur efficacité ultérieure, à tout âge.
  • Il faut entretenir la mémoire comme toutes les autres fonctions cérébrales : cela suppose de stimuler les sens.
  • Notre cerveau analyse le monde extérieur grâce aux renseignements apportés par les récepteurs du monde externe (les yeux, les oreilles, le toucher) et l'état du monde intérieur par les récepteurs inclus dans le corps qui sont stimulés par le mouvement : il faut vivre debout et si possible redressé.
  • Si vous confinez un "Alzheimer" dans une chambre, en fermant la porte de sa chambre, vous mettez hors circuit l'écorce cérébrale laissant la place au cerveau dit mammifère, qui rumine. Or, rappelez-vous votre adolescence : vous avez ruminé des idées noires et vous disiez alors "la vie ne vaut pas la peine d'être vécue..." ; ce qui conduit d'ailleurs certains adolescents à se détruire ; et certains Alzheimer aussi.
  • L'utilisation des fonctions cérébrales va stabiliser l'état de la personne, ralentir l'évolution de la maladie, rendant plus confortable la vie de la personne et de sa famille.

    Pour que la personne malade ne perde pas ses objets usuels, il est bon de faire de la prévention :

- ajouter un cordon à sa paire de lunettes ;
- choisir un grand sac à main de couleur vive pour une femme ; un grand porte-monnaie ; un grand porte-clés ;
- en institution, graver son nom sur son dentier, ses branches de lunettes ;
- mettre une carte comportant ses nom, adresse, numéro de téléphone dans une de ses poches ; ou une gourmette portant ces indications ;
- indiquer la marque, la couleur et le numéro d'immatriculation de sa voiture sur le porte-clés.

  • Pour ne pas que la personne malade perde ses bijoux :

Chaque bijou est rattaché à un souvenir intime heureux (l'alliance ou la bague de fiançailles, la chevalière, etc), est devenu au fil des ans tellement intégré au corps que, lorsqu'il n'est pas porté, toute personne à une sensation de manque.

- La personne qui perd ses bijoux, peut accuser de vol les amis venus à la maison. Ce qui est une source de conflit et d'éloignement de ces amis... ce qui donne alors l'impression à la personne d'être rejetée, la rendant malheureuse, agressive.

- La convaincre de les remplacer par des faux bijoux, tout en précisant que les vrais seront toujours disponibles pour les grandes occasions. Ne jamais reprendre les bijoux sans tenir compte de son avis : expliquer, convaincre, pour obtenir son accord, montrer l'emplacement du coffret.

- Son accord est essentiel pour éviter la perte d'estime de soi, qu'on cultive en lui montrant l'importance accordée à ses objets de prix.  Plus un objet est affectivement chargé de sens, plus il doit être laissé longtemps.

  • Pour ne pas qu'elle perde son carnet de chèque ou la carte bleue :

- La convaincre progressivement de le donner en garde. Montrer où on le place ; dire qu'il reste à sa disposition quand il y aura un chèque à faire. Là aussi : avec patience, expliquer, convaincre, pour obtenir son accord, montrer l'emplacement du stockage.

- Laisser toujours un peu d'argent liquide à sa disposition.

- Si en plus de se sentir inapte, la personne se sent trompée par des mensonges (retrait brutal du carnet de chèques, de la carte bleue...) son "moral va en prendre un coup" . Cela peut influencer défavorablement l'évolution de la maladie.

- L'affectivité, clé des conduites motrices, est également primordiale pour le maintien d'une bonne efficacité intellectuelle... chez toute personne

  • Pour que la personne malade ne perde pas ses repères :

Lui répéter souvent dans la journée son prénom ou son nom ;

- Ne pas changer la place habituelle de ses affaires (rasoir, brosse à dents) ;
- Disposer les habits du jour, toujours à la même place ;
- Laisser les portes des pièces ouvertes, en ne fermant à clé (et enlevant celle-ci, pour ne pas la perdre) que le minimum nécessaire à la sécurité. Il ne faut surtout pas que le malade tourne comme un lion en cage dans une seule pièce.

- Ne mettre des pancartes de signalisation que lorsque le malade se plaint lui-même de son handicap, et avec son accord. "Tu veux que je mettes une pancarte pour que nous sachions où se mettent les chaussures ? "

  • Organiser les actes de la vie quotidienne pour rythmer le temps.

En premier, organiser l'environnement pour que la personne ne soit pas honteuse après avoir abîmé ou cassé involontairement un vase précieux, un objet coûteux, etc. En effet, même si le conjoint est patient cela provoque des disputes.

Ensuite, établir un ordre quotidien dans sa vie : la mettre au lit, la réveiller, la faire manger, l'aider à faire sa toilette, l'habiller, l'emmener aux W.C.

Rythmer ces temps de la vie quotidienne permet à la personne de s'habituer à une vie ordonnée, l'aide à mieux vivre, facilite la tâche de l'entourage. Mais cet ordre est un moyen pour l'aider à faire et non un but. Ce n'est pas un "service d'ordre".

- Chaque fois que vous modifiez un événement de la vie quotidienne cela nécessite pour la personne : réapprendre et se réadapter. Il est nécessaire de le faire pour qu'elle progresse ... mais avec patience, à petites doses.

- Ne pas bousculer, ne pas précipiter sous prétexte d'ordre. "Aider à faire" et non "Faire à la place".

- Fixer les axes généraux de la vie de la personne, non les détails, pour ne pas la transformer en automate. Passer sur des détails pour valoriser sa pensée, son effort mental : elle a trouvé la solution à ce qui est pour elle un problème ; que nous sous estimons parce que pour nous "c'est naturel...".

À l'entrée de la personne en institution il est important de savoir

Son état intellectuel : son langage, les expressions qu'elle emploie le plus habituellement, le vocabulaire qui lui est familier. Quel genre de livre aime-t-elle ? Quels ont été les livres qu'elle a le plus aimés ? Quel art apprécie-t-elle ? Quels sont ses artistes préférés ?

Son état psychologique : tout ce qui lui fait plaisir ; tout ce qu'elle déteste, qui la vexe. Quels sont les souvenirs dont l'évocation la rend heureuse et, au contraire, de quoi ne faut-il jamais parler ? Qu'est-ce qui peut lui faire peur ? Qu'est-ce qui la rend triste ? En qui a-t-elle surtout confiance ? Est-elle difficile en ce qui concerne la prise des médicaments ?

Si c'est une femme... Pour respecter ses raisons de vivre il est bon de connaître la couleur préférée de ses vêtements, ses habitudes pour la toilette, ses goûts pour la coiffure (elle se préfère avec des cheveux courts ou longs ?), si elle aime des ongles longs, le vernis a ongles, si elle aime se maquiller, si elle était habituée à se mettre des crèmes ou non... Continuer son rythme de vie, éviter qu'elle subisse de grands changements, et qu'elle soit obligée de se réadapter encore inutilement aux détails. Éviter les changements, lorsque ceux-ci ne sont vraiment pas nécessaires, évite son énervement, ses caprices et sa lutte contre ces changements.
Ne pas la laisser avoir de la barbe et des moustaches, mais ne pas la raser avec des lames de rasoir, cela peut faire repousser ses poils en les rendant très épais. Utiliser des crèmes dépilatoires (en se renseignant auparavant sur une éventuelle allergie antérieure).

Si c'est un homme... Il est important de connaître ses habitudes pour respecter ses désirs de vivre : mettre des cravates ; se raser régulièrement, ou, au contraire, avoir des moustaches et de la barbe ; s'il se douchait ou se baignait tous les jours ; s'il changeait souvent de vêtements.
Par contre, s'il n'était pas très propre, s'il ne faisait pas beaucoup attention à ses vêtements, il faudra du temps pour changer ses habitudes. L'image qu'il offre aux autres résidents conditionne ses rapports avec eux.

L'aide à l'habillage

La personne oublie l'ordre dans lequel se mettent les vêtements et fait des erreurs, tout en croyant avoir réalisé l'action correctement. Souvent source de conflits, l'habillement doit être précédé d'une préparation.

Quelques suggestions (MA ou DSTA)

Propos adaptés aux réactions antérieures de la personne. Connaître les habitudes antérieures permet de savoir quelle fibre il faut faire vibrer.

"Que tes habits sont sales. Qu'est-ce que les gens vont penser de moi ? Aide-moi à te changer", si la femme s'adresse au mari ;

Si l'homme s'adresse à sa femme qui était toujours "tirée à quatre épingles" et se parfumait "Tu sens mauvais, ça m'étonne de toi ! Aide-moi à te changer" .

  • Placer les vêtements bien en vue dans l'ordre où ils doivent être placés en mettant hors de la vue les vêtements de nuit.

- Utiliser pour le linge de corps des effets en coton plutôt que le "Damart" : le malade transpire et ne sait le dire.- Si on habille la personne décrire les actions que l'on fait et accompagner le mouvement. "Nous allons mettre la jambe gauche du pantalon"
- Utiliser largement le velcro : chaussures, habits.

- Demander à la personne malade de participer à l'entretien du linge : trier le linge, plier des serviettes, etc.

  • À l'entrée de la personne en institution il est important de savoir ses goûts vestimentaires :

savoir quelles sont ses couleurs préférées.
comment aime-t-elle s'habiller ; si elle est très exigeante en ce qui concerne ses vêtements.
savoir si elle aime porter la cravate, des bijoux, un chapeau...
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L'aide au coucher

Demande d'instituer un rituel afin que la personne malade dorme suivant une tranche horaire fixe. Or les jours sont de longueur variable et l'heure d'été n'est pas l'heure d'hiver ; la nuit et le jour se moquent de l'horloge.

Quelques suggestions (MA ou DSTA)

de nuit bien en vue, fermer les volets, tirer les rideaux, allumer la lampe de chevet, ouvrir le lit... Ces actes, répétés chaque jour ont un rôle de rituel facilitateur de l'étape suivante : "Je me couche".

Chaque personne a, par conditionnement de toute une vie, des habitudes, un rituel pour les actes de la vie quotidienne. Si on peut le percevoir et en reproduire les conditions, cela facilite l'accomplissement de ces actes.

  • À l'entrée de la personne en institution il est important de savoir ses habitudes de sommeil :

l'heure du coucher, l'heure du réveil, l'usage ou non des oreillers. Savoir si elle fait la sieste.
En règle générale ce sont des personnes qui aiment être couvertes jusqu'au cou.

  • Laisser une veilleuse allumée... et toujours une caresse ou un câlin en disant bonne nuit !
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Pour pallier à l'incontinence urinaire

Boire beaucoup d'eau diminue l'agitation observée chez la personne qui a soif mais ne sait le dire. Il est donc bénéfique de décoder son "comportement de soif" afin de lui offrir à boire. - Boire induit aussi la miction, plaisir de relâchement viscéral. Nous disons tous "ça va mieux, je n'en pouvais plus" quand il nous arrive de "n'avoir pas eu le temps d'aller aux toilettes".

Quelques suggestions (MA ou DSTA)

  • Une méthode pour essayer d'éviter l'incontinence urinaire consiste à rythmer : service personnalisé de boissons/conduite aux toilettes 1 h après.
    Amener la personne toutes les heures aux toilettes sans la faire boire abondamment dans les intervalles, provoque sa colère et un conflit de refus : comme elle n'a ni besoin, ni envie, ni résultat, la conduite aux toilettes avec son déshabillage partiel, devient une agression.
  • Régler l'heure d'aller à la selle est une nécessité : cela permet d'éviter d'avoir des déconvenues si une sortie est prévue, ou au moment du repas. Il est bon de tenir compte des horaires qui étaient antérieurement ceux de la personne ; mais on peut aussi établir un nouveau rythme en utilisant des suppositoires qui déclenchent l'envie d'aller à la selle.
    Pour lutter contre la constipation, en plus de faire boire abondamment, commencer par des laxatifs doux afin d'éviter les débâcles intempestives.
  • À l'entrée de la personne en institution il est important de savoir ses habitudes :

Est-elle d'une nature constipée ? Si oui, que fait elle en général pour l'éviter ?

Quel est le rythme habituel du fonctionnement de ses intestins.

Des soignants de A. nous ont raconté que, par manque d'effectif, ils plaçaient au lever les résidents sur la chaise percée et les faisaient déjeuner en même temps. Bigre ! Il est très difficile pour quiconque de comprendre que la chaise qui sert à s'asseoir, peut aussi être un WC et un lieu où l'on mange ! Toutes les références antérieures (ou conditionnement) sur la propreté, le rythme journalier et l'hygiène sont bafouées : à midi à table, il fera ses besoins. Ces soignants doivent revoir l'organisation du travail (croyant économiser du temps... ils en perdent) et réfléchir au sens de leur vie !

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