Les mots causent des maux
A son origine la maladie d’Alzheimer a été considérée comme une démence relativement rare.
La maladie d’Alzheimer (M.A) débute en général vers cinquante, soixante ans. La détérioration des fonctions intellectuelles est plus massive et profonde que dans d’autres démences.
La démence sénile de type Alzheimer (DSTA) survient chez des personnes de plus de 65 ans. Dans la démence sénile de type Alzheimer, la détérioration des facultés intellectuelles bien que très proche de celle de la maladie d’Alzheimer est plus lente, évolue généralement par paliers sur une plus longue durée.
Les deux maladies sont neurologiques et non psychiatriques.
L'Alzheimer ça commence comment ?
Les symptômes de début sont si minimes que rien de vraiment anormal n'est décelé par l'entourage ou la personne, alerte quinquagénaire qui poursuit son travail.
Lentement mais inexorablement la maladie évolue et des troubles deviennent évidents, notamment au niveau de la mémoire. " Je ne sais plus où j'ai mis..." , "On me raconte ou on m'explique quelque chose et dans les trois secondes qui suivent, j'ai déjà oublié".
Phénomène qui conduit à des répétitions incessantes, de plus en plus pénibles à supporter pour l'entourage. Ces troubles de la mémoire des faits récents s'accompagnent souvent et assez vite de troubles de la mémoire des faits anciens. Il devient difficile pour le patient de se souvenir du nom de son école, des personnes de son entourage, à l'époque scolaire, ou du président de la République après la guerre, etc.
Apparaissent aussi des troubles :
Les troubles mémoire – L’aide à l’habillage - L’aide au coucher - Pour palier à l’incontinence urinaire- L’aide à la toilette – L’aide à l’alimentation – Relation avec les autres – Troubles de l’orientation dans l’espace et dans le temps – Troubles de la parole – Troubles de la connaissance – Troubles de la réalisation et la compréhension des gestes – Déambulation – Angoisse – La communication – La souffrance de la famille. NB : (voir page Troubles 1/2)(Trouble 2/2)
L’ensemble de ces symptômes n'apparaît pas au tout début de la maladie, mais d'une manière progressive.
Le médecin doit penser à l'Alzheimer - mais aussi à d'autres causes, notamment à un état dépressif - chez une personne qui présente avant soixante cinq ans au moins deux des manifestations suivantes qui mettent en cause l'activité cérébrale.
Le diagnostic différentiel entre les nombreuses causes susceptibles de donner un état démentiel nécessite de faire des examens biologiques, radiologiques, psychologiques, dont il ne sera pas fait état dans cet exposé
L’évolution de la maladie
Quand la diminution des performances dans les situations professionnelles difficiles intervient, le retentissement social attire l'attention : la maladie est déjà à un stade plus avancé.
La personne ne se "sentant" pas physiquement malade, se défend d'abord en évoquant "la faute des autres" mais une anxiété s'installe. Peu à peu, la personne prend conscience des troubles : l'anxiété augmente, prélude à une dépression réactionnelle, toujours présente même si elle est plus ou moins masquée.
Ensuite s'installent des troubles du langage, du raisonnement logique, du jugement, toujours plus ou moins insidieusement ; mais toujours en progression constante.
Puis surviennent des troubles de la réalisation des actes de la vie quotidienne plus ou moins associés à une déambulation permanente, à de l'agressivité.
L'évolution conduit à l'incontinence et la dépendance totale jusqu'au jour où la personne ne sait même plus marcher, devient alitée en permanence, meurt. (cf échelle de Reisberg)
Similitudes étiologiques mais différences pratiques entre la démence sénile (DSTA) et présénile (MA)
Que la démence soit sénile ou présénile la succession des événements est identique sauf que, chez le grand vieillard, la mort survient parfois avant la fin de l'évolution du fait de l'aggravation d'une autre pathologie du vieillissement, cardiaque notamment. Par contre l'évolution est différente.
L'évolution est accélérée dans la maladie d'Alzheimer où on a l'impression que sur une personne au physique jeune le vieillissement cérébral s'effectue sur une planche savonnée. L'évolution vers la mort se déroule statistiquement sur une durée de huit mois à huit ans.
La personne atteinte d'une maladie d'Alzheimer a un physique d'adulte de la soixantaine c'est à dire sans vieillissement physique handicapant. Si vous regardez autour de vous, vous conviendrez que les gens de moins de soixante cinq ans sont pleins de dynamisme. Aussi, "l'Alzheimer", relativement jeune, bouge, a de l'énergie. Mais son action n'est plus dirigée vers un but déterminé : son potentiel physique n'est plus parfaitement "cerveau commandé". Ceci entraîne une conséquence importante sur la famille qui l'entoure : elle est sollicitée minute après minute, 24 h/24, mois après mois. Et de temps à autre elle craque, épuisée physiquement et moralement.
retour à l'accueil haut de page |